Rencontre avec la soprano Emy Gazeilles

Les Saisons de la Voix : Bonjour Emy Gazeilles, et merci de nous accorder cette rencontre. Comment avez-vous découvert l’univers du chant lyrique ainsi que votre voix ?
E.G : J’ai d’abord abordé le chant en « musiques actuelles » au CRR d’Avignon car cela complétait mes études musicales au lycée. Ayant remarqué mes capacités vocales, l’une de mes professeures, Odile Sick-Plantevin, m’a encouragée à m’inscrire également en chant lyrique au Conservatoire. La même année, nous avons monté « Die Fledermaus » (« La Chauve-Souris ») de Strauss II en opéra pédagogique et on m’a donné le rôle d’Adèle. Je me suis de suite prise au jeu et cela m’a donné envie de continuer dans ce répertoire…!
 
L.S.V : En septembre dernier, vous êtes lauréate en duo avec la pianiste Honoka Kobayashi pour le 14 ème Concours international de la mélodie de Gordes, sous la présidence de la mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
E.G : C’était mon troisième concours et ce fut une belle expérience ! Concernant la catégorie « duos chant et piano », la compétition se déroulait sur une journée et nous n’avons pas eu le temps de stresser car tout s’enchainait ! Cela nous a permis de travailler le répertoire de la mélodie qui demande plus d’exigences due à une réflexion plus personnelle et donc différente qu’un rôle où les intentions sont déjà écrites.   
Par ailleurs, c’était la première fois que je me présentais devant un jury aussi prestigieux et nombreux : après les délibérations, nous avons pu parler avec chacun d’entre eux et les retours ont étés très enrichissants.
 
L.S.V : Pour le Concert du Bout de l’An, vous nous présenterez un beau programme festif. Comment s’est décidée la sélection ? 
E.G : Pour ce concert, nous avons eu carte blanche et avons donc choisi des morceaux qui nous plaisaient mais qui ont marquées nos années d’études au Conservatoire. J’ai voulu débuter le concert par l’ouverture de « Die Fledermaus » (arrangée pour piano et merveilleusement jouée par Honoka) qui représente ma découverte du répertoire lyrique. Bien sûr, il y aura quelques morceaux dits « tubes » comme l’air de Marie « Salut à la France » dans « La Fille du Régiment » de Donizetti ou encore la Valse de Juliette dans « Roméo et Juliette » de Gounod, mais des pièces moins connues mais que j’affectionne tout particulièrement.
 
L.S.V : Un morceau préféré dans le programme ?
E.G : Je dirais l’air d’Elena dans la Zarzuela « El barbero de Sevilla » (Le Barbier de Séville) : « Me Llaman la Primorosa… ». C’est mon copain, d’origine chilienne, qui m’a fait découvrir ce genre lyrique typiquement espagnol mixé entre l’opéra-comique et l’opérette, et j’ai trouvé cela intéressant de l’inclure dans le programme. C’est un coup de cœur !
 
L.S.V : Avez-vous un rituel d’avant concert ?
E.G : Je n’en ai pas particulièrement mais parfois, j’aime me mettre dans ma bulle et écouter de la musique pop/rock (le groupe « Rage Against the Machine » est un bon exemple !) ; cela permet d’extérioriser le stress et de penser à autre chose. Sinon, je relis mes partitions une dernière fois, et je bois beaucoup d’eau.
 
L.S.V : Des projets artistiques pour l’année prochaine ?
E.G : Grâce au Concours de Gordes, beaucoup de portes se sont ouvertes ! Avec Honoka, nous préparons un récital le 25 mars à l’Opéra Grand Avignon. Ensuite, je ferai mes débuts à l’Opéra de Toulon dans le rôle de Frasquita dans « Carmen » en avril. Et pour cet été, je serai au Théâtre des Princes à Orange en récital avec d’autres jeunes chanteurs pour le cycle « Scène émergente » de la saison 2023 des Chorégies d’Orange, et j’enchainerai par la prise du rôle de Susanna dans « Les Nozze di Figaro » au festival des Concerts au coucher du soleil d’Oppède-le-Vieux en août.

Propos recueillis par Marjorie Cabrol

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