Rencontre avec le baryton Félix Gygli

Les Saisons de la Voix : Bonjour Félix Gygli et merci de nous accorder cette rencontre. D’où vient cet engouement pour le répertoire de la mélodie et du lied ? 
F.G : Depuis mon enfance, je me suis toujours senti très proche de ce genre car, ma mère étant pianiste, m’a donné le goût pour la musique et ma grand-mère me chantait souvent Der Lindenbaum de Schubert. Je me suis mis à étudier ce répertoire dès que j’ai commencé le chant, donc l’interpréter était une évidence. J’aime travailler dans les détails et sublimer les textes et la musique.  Chaque pièce est une œuvre d’art où l’on peut s’exprimer sans restriction et d’ailleurs, beaucoup de lieder sont devenus des chansons populaires bien connues.

L.S.V : Vous êtes lauréat en duo avec le pianiste Tomasz Domański de la treizième édition du Concours international de la mélodie de Gordes. Comment vôtre duo
est-il né ?
F.G : Cela a commencé il y a quatre ans ! Nous nous sommes rencontrés lorsque nous faisions un projet ensemble à Berne. Comme je savais qu’il étudiait l’accompagnement de lieder à Lucerne, je lui ai donc envoyé un message lui proposant un projet de concert sur le cycle de Schumann Opus car je voulais absolument le chanter, et cela s’est très bien passé. Je suppose que nous n’avons jamais arrêté ! (rires)
 
L.S.V : À quoi ressemble l’une de vos séances de travail ?
F.G : Au fil des années, nous avons appris à nous connaître et nôtre complicité musicale est devenue très fluide. Nous savons ce que chacun aime et Tomasz est un accompagnateur exceptionnel. Vous pouvez filer le morceau une fois avec lui et il aura déjà noté toutes les respirations. Il s’adapte vraiment aux besoins du chanteur : c’est une véritable bénédiction et un plaisir de travailler avec lui !
Nous partageons alors nos idées sur le morceau, nos pensées et ensuite, nous essayons de les mettre en musique et de trouver les différentes couleurs, les endroits où nous pouvons respirer ensemble, etc. Mais d’une façon globale, nous sommes presque toujours sur la même longueur d’ondes.

L.S.V : Comment avez-vous choisi le programme que vous présenterez pour le concert d’Automne ? Avez-vous un morceau préféré ?
F.G : Je savais que je voulais débuter par une série de chansons basées sur des textes de William Shakespeare, qui est un programme que j’ai récemment interprété avec un autre pianiste lors de mes études à la Guildhall School, et qui nous a valu le Prix de la chanson anglaise de l’école. Don Quichotte à Dulcinée de Ravel était un choix facile parce-que c’est un classique que j’affectionne aussi. Le reste du programme est principalement composé d’airs d’opéra – avec Gounod, Strauss, Bizet et Thomas-, et qui se terminera par une petite série de pièces de Mozart que j’ai déjà interprétées et que je connais bien.  Nous avons voulu créer un programme varié entre mélodies/lieder et airs d’opéras qui puisse convenir à un large public.
C’est difficile… ! Je pense que l’une de mes pièces préférées du programme est « O du mein holder Abendstern » du  »Tannhäuser » de Wagner, car c’est un morceau magnifique. De plus, elle convient à ma voix, donc j’adore chanter cet air.

L.S.V :  Enfin, quels sont vos prochains projets artistiques ?
F.G : Pour cette saison, je poursuivrai mes études au National Opera Studio de Londres qui commenceront dès le lendemain du concert à Gordes, et je partirai très tôt – je pense que mon train part à 6h du matin – ! A côté, j’ai également quelques récitals à venir dont le premier portera sur des mélodies/lieder  à Leeds, et puis en novembre, je chanterai mon premier Elijah de Mendelssohn à Zurich. Le fait d’y penser me rend déjà bien enthousiaste  !
 
Propos recueillis par Marjorie Cabrol

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