Une mélodie est, dans la musique française, une forme musicale particulière, consistant en une brève composition pour voix accompagnée par un piano ou par un ensemble instrumental, sur des paroles généralement empruntées à des textes poétiques ou des œuvres de grands poètes. Les mélodies doivent beaucoup au lied.

claude-debussyLa mélodie française naît vers le milieu du XIXe siècle, en France, bien sûr, mais en empruntant son nom aux Irish melodies de Thomas Moore. Cette forme musicale pour voix et piano (parfois pour voix et orchestre) se développe de manière autonome tout en empruntant à la romance dont elle est fille et au lied auquel on l’oppose fréquemment. On prétend que le lied, d’essence germanique, serait plus populaire et plus proche de la chanson que la mélodie. Cette assertion est manifestement fausse quand on analyse bon nombre de lieder de Schumann, de Brahms, de Hugo Wolf, de Strauss… Cependant, la mélodie française est particulièrement attentive à la qualité et au sens des vers qu’elle met en musique et l’extrême raffinement de sa courbe vocale, de ses rythmes et de ses harmonies la distinguent incontestablement.

On s’accorde à considérer les Nuits d’été (1841) d’Hector Berlioz comme le premier exemple de ce genre, très particulier. On pourra remarquer la très grande attention portée à la clarté de l’expression, à la précision des formes. Cette concision découle souvent de la volonté de rendre le poème le plus intelligible possible et de le servir au mieux par la musique. Le poème est donc le point de départ de la composition d’une mélodie. Si la relation très particulière qu’entretiennent texte et musique dans le genre de la mélodie requiert du compositeur une parfaite connaissance des règles poétiques et de la diction, il en est de même pour l’interprète, qui se doit d’avoir également une prononciation parfaite.

La mélodie française et le lied demandent un style vocal particulier : des voix très souples, plus confidentielles, et donc s’y faisant moins fortes qu’à l’opéra, avec une diction irréprochable, pour exprimer, sans emphases indues, les subtils sentiments sous-tendus par l’œuvre. Le genre étant dès l’origine fait pour le salon plutôt que pour de très grandes salles, ses interprètes s’y sont spécialisés par plusieurs années de formation pratique auprès d’un maître