Les Saisons de la Voix créées en 2008 s’ouvrent pour une nouvelle édition, avec un récital proposé par la mezzo-soprano Violette Polchi et le pianiste Mathieu Pordoy​ à Gordes (Vaucluse).

Le public s’installe dans l’intime salle de l’hôtel de ville de Gordes, aménagé en salle de concert pour l’occasion. « Les Saisons de la Voix » présidées par Raymond Duffaut, ont pour but de faire découvrir aux mélomanes, fidèles comme néophytes, de jeunes professionnels afin de les confronter à un public, varié mais bienveillant. La fin de l’échauffement de la chanteuse s’apprécie déjà à travers des brins de vocalises derrière les portes. L’embarquement est immédiat pour son programme intitulé « Voyage de l’Amour ». La chanteuse, émouvante, apparaît humble et discrète. Les premières notes vibrent et le personnage s’installe, au charisme captivant et infatigable.

La mezzo-soprano Violette Polchi, déjà lancée dans sa carrière avec plusieurs apparitions dans la région, notamment aux Chorégies d’Orange dans le rôle du page (Rigoletto de Verdi) à l’Opéra d’Avignon servante de Lady Macbeth ou encore au Théâtre de l’Odéon à Marseille en cousine de La Périchole (Offenbach). Elle a également été lauréate du Concours international de la mélodie de Gordes en 2012. Surtout, elle incarnait l’un des rôles-titres des P’tites Michu à Nantes et à l’Athénée. Incarnant de nombreuses facettes scéniques et vocales, sa technique l’accompagne vers les sommets de sa tessiture, à travers les styles et langues. D’une flexibilité vocale et d’une puissance remarquées, elle offre un timbre rond et chaleureux se remarquant aussi particulièrement dans les harmonies graves espagnoles (Las Hijas Del Zebedeo, zarzuela de Carceleras). Les délicieux phrasés se déploient, se lient sans coupures et elle pousse le répertoire lyrique (Dorabella et Concepcion) jusqu’à éclater en sanglots.

L’accompagnant dans cette excursion musicale, le pianiste Mathieu Pordoy est également reconnu dans son domaine. Chef de chant à la carrière internationale, il met sa précision au service de l’interprète, à travers un touché musical délicat et sensuel, qui s’épanouit jusqu’aux deux pièces pour piano, Nuit d’Espagne de Massenet et Mélancolie de Poulenc. En accord avec le chant, les deux parties se développent et construisent une atmosphère de partage, entre eux comme avec le public.  

Un partage qui se poursuivra tout au long des Saisons de la voix : en commençant par le Concours international de la mélodie présidé par Béatrice Uria-Monzon début novembre, puis le Concert du Bout de l’an.

Le 04/10/2019 Par Marjorie Cabrol